Vacances en décembre : 4°C à Vienne ou 30°C au Cap-Vert, comment arbitrer

Décembre pose toujours la même double question au voyageur romand : quand ferme-t-on les cahiers, et où pose-t-on la valise. J’ai mis des années à comprendre qu’il fallait traiter ces deux questions séparément, sous peine de réserver un vol avant même de connaître ses dates réelles de congé. Voici comment je m’y prends, carnet en main, depuis que j’ai quitté l’enseignement.

Les dates de décembre côté suisse romand, avant de réserver quoi que ce soit

Chaque canton romand fixe son propre calendrier scolaire, ce qui surprend toujours mes anciens étudiants venus d’ailleurs. Vaud, Genève, Neuchâtel ou le Valais ne ferment pas exactement le même jour, mais la trêve de fin d’année s’ouvre presque partout dans les derniers jours de décembre pour se refermer début janvier, avec une durée qui tourne autour de deux semaines. Ces calendriers sont publiés dès le printemps par les départements cantonaux de l’instruction publique, largement avant que les compagnies aériennes n’ouvrent leurs grilles tarifaires de décembre. Le réflexe simple reste de vérifier le calendrier officiel de son propre canton avant de bloquer quoi que ce soit : un élève vaudois quitte parfois l’école deux jours avant son cousin genevois, et ce décalage suffit, certaines années, à faire basculer le prix d’un aller-retour vers le sud.

Marché de Noël dans un village alpin pendant les vacances en décembre
Marché de Noël dans un village alpin pendant les vacances en décembre

Un repère personnel, transmis par mes carnets

J’ai longtemps calé mes propres départs sur ce rythme scolaire, même après avoir quitté l’université, par habitude autant que par commodité tarifaire. Mes carnets des années 1990 et 2000 montrent un motif têtu : je partais presque toujours entre le 23 et le 27 décembre, jamais avant, pour éviter la cohue des derniers jours de classe et profiter d’un réveillon déjà en mouvement. Ce n’est pas une martingale, seulement une observation répétée assez souvent pour valoir un conseil. Et même à la retraite, ce rythme reste utile : l’industrie du voyage entière continue de caler ses tarifs sur le calendrier scolaire, qu’on ait ou non des enfants à charge.

Partir au soleil sans quitter l’hiver derrière soi

L’hémisphère nord ne s’inverse pas en décembre, mais certaines régions gardent une saison sèche qui rend le voyage confortable malgré la latitude. Le Cap-Vert en est l’exemple que je recommande le plus volontiers à mes voisins d’Yverdon en quête de lumière : les températures y grimpent jusqu’à 30°C en décembre, sans l’humidité écrasante qu’on trouve plus près de l’équateur à la même période. J’y suis allé une première fois presque par hasard, attiré par une carte postale ancienne dénichée dans une brocante lausannoise représentant le port de Mindelo dans les années 1960 ; le lieu réel n’avait presque rien perdu de cette allure de bout du monde minéral. Un pêcheur du port, croisé un matin sur le quai, m’avait expliqué dans un mélange de créole et de français que décembre reste le mois le plus stable de l’année là-bas, avant que les vents ne se lèvent en janvier.

Plage du Cap-Vert, destination soleil pour les vacances en décembre
Plage du Cap-Vert, destination soleil pour les vacances en décembre

Ce choix suppose d’accepter un vol assez long depuis Genève, avec correspondance, ce qui le distingue des Canaries, plus proches mais moins documentées ici faute de données climatiques fiables sous la main. Mieux vaut, dans tous les cas, comparer deux ou trois destinations sur leurs données de pluie et pas seulement sur leur réputation ensoleillée.

Les marchés de Noël, entre grandes scènes et villages qui somnolent

Vienne est souvent citée en premier, et l’ancienneté de ses marchés explique ce choix : leur tradition remonte à plusieurs siècles, et le climat de décembre y est net, avec des températures qui oscillent entre 4°C le jour et 0°C la nuit, pour une quinzaine de millimètres de pluie répartis sur environ huit jours du mois. C’est un froid sec, photogénique, qui donne tout leur sens aux vins chauds vendus sur les étals. Chez nous, le marché de Montreux joue une partition proche, avec ses chalets alignés au bord du Léman et son afflux de visiteurs venus de toute la Suisse romande.

Ce que les grandes scènes ne montrent jamais

Ce que je recherche depuis quelques hivers, c’est l’écho inverse de cette effervescence : les petites places de bourgs alpins ou adriatiques où le marché tient sur une seule rue, où les pas résonnent contre les façades vides dès que les commerçants ferment leurs volets vers dix-huit heures. Cet écho-là, presque physique, en dit plus sur un territoire que la foule compacte des grandes capitales. Un vendeur de miel croisé un soir de décembre, dans un village du Frioul, m’avait résumé la chose sans emphase : « ici, les gens viennent pour le marché, pas pour la photo ». Cette phrase tient lieu, pour moi, de méthode de sélection depuis lors.

Réserver sans se faire piéger par la haute saison

Décembre concentre la demande sur une poignée de jours, ce qui pousse les prix vers le haut dès que le réveillon approche. Je vise en général une réservation de vol quatre à six mois à l’avance depuis Genève ou Zurich, et je recroise toujours deux calendriers avant de valider : celui de mon canton de départ, et celui de la destination si elle a ses propres vacances scolaires. Je vérifie aussi ma couverture avec une assurance voyage suisse, du type de celle que propose le TCS, plutôt que de compter sur la seule couverture de ma caisse maladie à l’étranger. Pour les liaisons terrestres vers les marchés de Noël plus proches, les CFF et les correspondances via Bâle restent souvent plus simples qu’on ne l’imagine, surtout avec un abonnement demi-tarif déjà en poche.

Reste une question que je pose plus volontiers que je n’y réponds : préfère-t-on la chaleur d’un sable inconnu ou le froid sec d’une place qui sent le vin chaud ? Les deux se valent, à condition de savoir laquelle correspond vraiment à l’hiver qu’on cherche à fuir.